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REPORTAGE INDEPENDANT – PETITE-CEINTURE 2014

A l’approche des municipales 2014 – le PDF d’un magasine complet sur la Petite-Ceinture écrit par Charles De Jouvenel.

Cliquez ici pour lire le pdf du magasine : LA PETITE-CEINTURE, une friche au coeur de la ville

Le magasine retrace l’histoire de la Petite-Ceinture, sa nature, son caractère urbain, un interview ainsi qu’une réflexion sur sa récupération politique.

EXTRAIT

REPORTAGE : Charles De Jouvenel

PHOTOGRAPHIE : BBKORP – PETITE CEINTURE ARKIV 2014 ©

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PC – Derniers jours d’une condamnée? Enquête de la Korp

Paris le 17 janbier 2013

Comme relaté dans les derniers articles de la Petite-Ceinture Arkiv le temps de la voie ferrée est désormais compté.

Derniers jours d’une condamnée?  constitue un reportage photographique mêlé à une réflexion mené en indépendant au Nord de Paris disponible en PDF > PC – Derniers jours d’une condamnée

Les impressions papiers sont en cours et disponibles sur demande (me contacter).

Voici un court extrait :

 » […] en 1889 les Parisiens “savaient” que les flux de différentes natures (en l’occurence ferroviaires et automobiles) ne devaient pas se croiser et c’est évidemment pour cette grande raison que la Petite-Ceinture a été surélevée ou enterrée sous la bordure parisienne devenant par conséquent invisible ou presque aux yeux des Parisiens.

Depuis, Paris a grandi, ou du moins a vu ses communes voisines grandir et les échanges: les flux de personnes que l’on nomme désormais les Franciliens se sont accrus d’une manière considérable – sans voir pour autant le réseau des transports en commun s’accroitre à leur manière.

La ville, par ce fait, s’asphixie d’elle même, devient sourde, incapable de s’irriguer elle même – malade de ne plus se mouvoir. Le centre de Paris, véritable condensateur de fluctuations est au bord de l’implosion.

La maille tellement demandée depuis des années par ceux qui viennent et qui s’en vont ou encore par ceux qui y vivent et qui en partent n’est aujourd’hui pas là : le T3 est un faux semblant trop lent, trop entremêlé, mais l’exigence quant à elle est véritablement palpable […] »

Cliquez sur l’image pour démarrer le PDF

Lien vers l'enquête

Le site de l’association Association Sauvegarde Petite Ceinture (ASPCRF)

BBKORP 2013 © – tous droits réservés

Inhabitat [fragment]

Je me fige pour photographier, quelqu’un surgit. Un Inhabitant !
Il porte un sac en plastique blanc et marche d’un pas régulier vers sa tente. La dernière sur la photographie.
Je continue mon « inspection », ne touchant à rien, captant seulement les éléments de cet espace. Cherchant du détail, du renseignement sur le mode de vie. Une télévision ou une radio semble s’allumer dans la dernière tente.
Le tracé s’achève. Le travail de relevé photographique mutique aussi. Beaucoup d’images, beaucoup d’exemples variés. Aucune parole, uniquement des regards inspectant froidement les décors comme des scènes de crime.
Je me dirige vers la « sortie », une barrière découpée, rouillée et froide. Mais cet inhabitant me hante.
Eux que je n’avais pas croisés une seule fois lors de cette étude sur leurs habitats. Je dois lui parler car ici ne résident pas seulement des tentes mais ceux qui y vivent, ceux là même qui les construisent. Je
ne peux m’empêcher d’aller lui parler. Ne serait-ce que pour savoir comment il « fait ».

« Bonsoir, bonsoir » dis je.
Temps long.
« Bonsoir, qu’est-ce que vous voulez ? » me répond t-il hésitant, comme si je m’étais trompé d’interlocuteur.
Je me présente. Moi et mon but ici.
Je demande « Et comment faites-vous pour le matériel ? Les tentes, les couvertures, la radio ? Vous récupér… » Celui-ci me coupe.
« Ah non, mais moi je travaille monsieur. »
Eberlué, bien que je connaisse la situation de beaucoup de travailleurs en situation précaire, je questionne alors « Mais alors, pourquoi êtes vous ici ? Dehors ? Vous n’avez pas suffisamment pour louer quelque chose ? »

« Mais monsieur, regardez ma couleur, on est en France monsieur. Et vous savez il ne faut pas seulement de l’argent pour avoir quelque chose. »

10 minutes plus tard je suis dehors, dans la fourmilière, prisonnier cette fois de l’insolitude.
La nuit est tombée et la Petite Ceinture est derrière moi. Elle n’existe que parce que je l’ai regardée et arpentée. Elle persiste dans l’esprit comme une névrose, une obsession qui nous a tenus hors du temps pendant… un instant. La ville, quand à elle se soucie d’autre chose, de grandir, de s’étendre peut-être.

Zone de fin?

La Petite Ceinture de Paris est donc un espace complexe. Un intérieur à ciel ouvert. Une « zone » où les lois sociales des hommes s’arrêtent. Les pieds, le corps l’évitent en passant dessous ou la survolent sur un pont, une passerelle. Ignorant le microcosme qui s’y développe et le chaos qui s’opère. Car la Ceinture triche et trompe, elle qui semble si figée depuis que les trains l’ont désertée.

La végétation, omniprésente, informe sur son devenir à l’arrêt. La «PC» est un non-lieu dans la ville, dénuée de sa fonction, elle semble mourir dans une résurrection verte.

Mais dans ce dernier élan vital d’autres facteurs prennent vie, du moins continuent une existence.
Les « inhabitants », surnom que j’ai donné sur tant de lignes, désigne en provoquant par une négation ce que la ville ne voudrait pas voir. Comme un cauchemar, une maladie urbaine qu’elle tenterait de dissimuler dans ses veines, cette artère que forme la Petite Ceinture sur le territoire.

L’inconnu attire l’anonyme.
Le « SDF » dans le lent déroulement de désocialisation perd peu à peu son identité et finit par se confondre avec son arrière plan. Tout est une question de regard, de ce que l’on veut voir et si l’on veut voir.
La ville est un système pour l’animal politique qu’est l’homme. Et tout comme lui elle agit par sa puissance, elle assimile mais rejette aussi, à la manière d’un système immunitaire.

Mais des lieux échappent à sa loi. Et la « PC » est un lieu d’exil, dangereux, c’est le dernier stade du processus, car dessus, aucun regard ou presque ne se pose. Et il est question d’Homme, et l’Homme sans l’autre n’existe pas.
« comment exprimer qu’on était ignorant, d’une ignorance qu’on ignorait ?» s‘interrogeait Henri Raymond dans Les aventures spatiales de la raison.
Ce terme « d’inhabitant » est donc là pour soulever deux données premières, celle de l’inhabitable qui ne donna pas naissance au mot « inhabitant », qui pourtant est habité, de plus en plus.
Enfin afin de rappeler, par l’agacement et la redondance que derrière cette négation qu’induit le préfixe, se cachent des habitants.

Boris Beth

Extrait de VI(LL)ES – 2011 – BBKORP ©

VI(LL)ES – LA PC INHABITÉE ? ENQUETE DE LA KORP

Cette étude menée en 2011 par la KORP dresse tout d’abords un constat des lieux (partant du XXème, XIIème, XIIIème. En quelques mots : du tunnel de Ménilmontant jusqu’à la gare désaffectée de Tolbiac)

L’enquête de terrain a été menée seul sous une température proche de zéro. Elle avait comme objectif de savoir si la « Zone » que constitue la Petite-Ceinture formait réellement une zone « morte » – inhabitable.

Le PDF ici : VI(LL)ES

MOTEL

Le dossier présente sous la forme d’un récit en immersion totale la rencontre avec ces habitats de fortunes, ces derniers refuges hors des yeux d’une ville qui ne veut plus voir certains de ses fils. Les conclusions : sociologiques, architecturales, urbaines en font une amorce de réflexions quant à ces zones que produisent nos villes passées et futures.
Rapidement, la réalité prit une ampleur bien plus grande que ce que les fantasmes de la « cité » peuvent générer et la « PC » s’avéra être habitée jusque dans ses moindres recoins.
Le document que j’ai produit durant ces mois est mis à profit en « open source » et ce, toujours dans la même optique : la « KORP » forme une corporation visant à réflechir sur la ville, l’urbanité – pour ne pas dire « humanité ».

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© BBKORP – PC ARKIV – 2012